Histoire de marques

La maison Courrèges

La maison Courrèges, c’est quand même une figure emblématique de la mode et de la beauté en France et dans le monde, je vais vous parler un peu de son histoire.

Son créateur André Courrèges nous a quitté en tout début d’année, après 92 ans de bons et loyaux services.

L’aventure Courrèges commence en 1961, André a 38 ans, son apprentissage chez Balanciaga a fait de lui un couturier. Cette-là année il veut ouvrir sa propre maison de couture et ça tombe bien Balanciaga est tout disposé à l’aider financièrement. Et dans cette aventure il n’est décidément pas seul car il peut compter sur sa femme, son alliée Coqueline.

André a un rêve, il aimerait voir toutes les femmes en pantalon ! Hors dans les années 1960, cette idée est parfaitement grotesque ! Rappelons qu’à cette époque-là une loi en France interdisait le port du pantalon pour les femmes sauf si leur profession, les y contraignait. D’ailleurs moi, comme vous, nous avons été un paquet de temps dans l’illégalité la plus totale car cette loi n’a été abrogé que très récemment.

En attendant le 21ème siècle, notre André est bien frustré de ne pas pouvoir habiller les femmes en pantalon, il doit chercher une autre idée pour dépoussiérer un peu le carcan surannée de la société Française. Et c’est Coqueline sa femme qui lui suggéra l’idée : La mini-jupe ! Ainsi en 1963, si les jambes féminines ne pouvaient pas être galbées dans un pantalon, elles seront dévoilées aux yeux et à la vue de tous : « C’est la révolution » d’après les journalistes de L’Officiel de la mode en sortant de la présentation de la collection.

J’ai eu quelques difficultés à trouver des photos de ce défilé, je ne sais pas dans quelle mesure les jupes étaient « minis », peut-être laissaient-elles simplement entrevoir les genoux…

courreges-robes-jaune-wikipedia

(c) Wikipédia

En 1965 Courrèges propose ses fameuses robes « trapèzes » reconnaissables entre mille avec leurs formes géométrique et leurs tons acidulés. Ces-dernières vont permettre la promotion de la minijupe, ici j’ai trouvé une indication précise de leur longueur : « une main au-dessus du genou», la pudeur est sauve !

André ne se contente pas de révolutionner les longueurs, il s’attaque aussi aux matières en proposant des vêtements et des bottes en PVC.

Ses idées innovantes font des envieux, les pièces des collections Courrèges vont être largement copiées. Andrée est furieux, pendant deux ans la maison Courrèges ne confectionnera plus que de petites séries de créations haute couture pour les clientes les plus fidèles. Acheteurs professionnels et presse seront personna non grata dans la maison Courrèges. Ainsi à la fin 1965, le groupe l’Oréal commence à acheter des parts dans le capital de Courrèges.

Il faut attendre 2 ans pour que la maison Courrèges réouvre avec une collection de prêt-à-porter cette fois, « Couture Future »plus accessible financièrement. Quelques années plus tard, en1971 André Courrège propose une nouvelle collection de haute couture avec « Prototype ». c’est aussi l’occasion de lancer une collection de prêt-à-porter sportswear « Hyperbole ». En effet, André est passionné par le sport, il va créer les dix lignes de vêtements officiels pour le personnel des Jeux olympiques d’été de 1972.

courrege-hyperbole

andre-courreges

Par la suite la maison ne cessera de se diversifier, avec le lancement de la marque « Courrèges Homme », des bijoux, de la maroquinerie et de la décoration d’intérieur. Mais, j’ai l’impression que le plagia dont la maison a été victime, lui laissera de larges cicatrices. Même des décennies après, la marque peine à renouer avec le succès des années 60. Pourtant, en 1994 et 1995, Charles de Castelbajac reprend la direction des collections mais l’année suivante André Courrèges se retire définitivement de la création. Coqueline reprendra le relais jusqu’en 2002.

Logo de la maison Courrèges

Logo de la maison Courrèges

Cette jolie marque chargée d’histoire se serait lentement étiolée sans sa reprise par deux anciens publicitaires : Jacques Bungert et Frédéric Torloting. Leur savoir-faire en matière de communication va permettre à la maison de refaire parler d’elle dans la presse. L’usine historique est réhabilitée, certaines pièces emblématiques de la marque sont rééditées, Sébastien Meyer et Arnault Vaillant deviennent directeurs de création.

Et cet automne, la maison Courrèges risque de faire parler d’elle avec un nouveau lancement audacieux que je vous dévoilerai dans le prochain billet…

Et vous connaissiez-vous la maison Courrèges ? Quelles images, formes, couleurs, matières en gardez-vous ?

+ d’infos

www.courreges.fr

8 Commentaires

  • 5 octobre 2016 - 16 h 16 min | Lien

    En ce moment sur Atre TV, vous pouvez (re)voir le reportage Paris, Couture (1944-1968). On y parle de la maison Courrèges dans la dernière partie (environ la 44 ème minute)
    http://www.arte.tv/guide/fr/065864-000-A/paris-couture-1945-1968?country=FR

  • Julie10
    5 octobre 2016 - 17 h 54 min | Lien

    Coucou je ne connais pas la maison Courrèges je connais juste un parfum

  • Chouca
    6 octobre 2016 - 11 h 21 min | Lien

    Je connais de part ma maman

  • 6 octobre 2016 - 11 h 25 min | Lien

    @Julie10 : quel parfum ?

  • 6 octobre 2016 - 11 h 25 min | Lien

    @chouca : Ah bon… Elle était cliente ?

  • spookey
    6 octobre 2016 - 14 h 09 min | Lien

    Elle est reconnaissable entre toutes grâce à son logo. Je la connais mieux à travers ses parfums, Rose, La Fille de l’Air, deux parfums que j’aime beaucoup. 🙂

  • 6 octobre 2016 - 16 h 08 min | Lien

    Ainsi tu aimes les parfums Courrèges… Intéressant… 😉

  • 6 octobre 2016 - 16 h 09 min | Lien

    C’est vrai que les parfums c’est le produit luxe des grandes maison de couture qui est le plus largement connu du grand public…

  • Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

    Motorisé par: Wordpress