Les dimanches de Pure-Beauté

Ma visite de l’exposition « Déboutonner la mode » au Musée des Arts Décoratifs

Je n’aurais jamais cru qu’une exposition consacrée à des boutons pourrait être aussi fascinante. Ce jour là, j’avais un peu de temps à tuer. Je me suis dit qu’en 40 minutes j’aurais le temps de voir toute l’exposition Déboutonner la mode au misée des Arts Décoratifs. C’était bien illusoire. En me pressant un peu, j’ai réussi à balayer convenablement le 1er étage mais ma visite du deuxième étage est assez lacunaire.
expo Deboutonner la mode aux Arts Déco
Vous avez sans doute entendu parler de cette exposition. Avant même de la visiter, je savais que cette collection incroyable a été réunie par un seul et même collectionneur : Loïc Allio. Plus de 3000 boutons du XVIIIe au XXe siècle. En temps normal, j’ai tendance à trouver ça un peu louche cette manie de collectionner des objets. Mais dans le cas présent, la collection prend tout son sens. C’est une formidable contribution à l’histoire de la mode. C’est donc une bonne chose, pour tous les passionnés, que cette collection acquise en 2012 par les Arts Décoratifs ait reçu le statut d’œuvre d’intérêt patrimonial majeur par la Commission consultative des Trésors Nationaux.
A côté de ces 3000 boutons, nous pouvons aussi admirer une centaine de vêtements et accessoires issus des ateliers des plus grands couturiers : Paul Poiret, Chanel, Dior, Elsa Schiaparelli… On leur trouverait presque pâle figure aux côté de cette formidable collection.

Deboutonner la mode Arts Décoratifs
Tant pis si j’use et abuse de superlatif mais je ne reviens toujours de ma découverte. J’étais à mille lieu de m’imaginer une telle diversité de formes, de matières, de tailles, d’usages… à mille lieux d’imaginer qu’un objet banal de notre quotidien avait pu nécessiter tous les savoirs-faire de passementiers, brodeurs, orfèvres, verriers, céramistes ou paruriers, qu’il avait excité l’imagination d’artistes tels que Jean Arp et Alberto Giacometti.

Comme pour la rétrospective Jeanne Lanvin, je vais éviter d’en dire trop. Le site des Arts Déco en dit déjà bien assez et de manière sans doute plus intelligente que je ne le ferais n’étant pas spécialiste de la question.

Je peux toutefois vous dire que j’ai particulièrement été intéressée par la première partie de l’expo consacrée aux XVIIIe et XIXe siècles. C’est là que j’ai vu les plus belles pièces…enfin, disons celles que j’ai préférées. Bien que les années 20/30 ne soient pas en reste non plus avec toute la période Art Nouveau ainsi que les modèles que l’on retrouve chez Elsa Schiaparelli.

elsa schiaparelli boutons

Robe Elsa Schiaparelli aux boutons tambours, été 1939


Le bouton est apparu au XIIIe siècle mais il faudra attendre le XVIIIe pour qu’il obtienne ses lettres de noblesse. Au départ, ils aggrémentent essentiellement les tenues d’hommes. Ce sont de véritables parures. Ces parures se composent de 18 boutons disposés comme tel : 10 boutons sur le devant, 2 sur chaque parement de manche, 2 dans le dos au niveau de la taille et 2 cachés dans le pli des basques. C’est un objet de luxe dont la valeur peut largement dépasser le prix du costume.

parure de boutons expo déboutonner la mode

Parures de boutons, XVIIIe siècle

Leur choix, un peu comme aujourd’hui les boutons de manchettes, est un moyen d’afficher ses goûts et opinions. On retrouve des boutons de type « royaliste » ou « révolutionnaire » mais aussi simplement des scènes de campagne, humoristiques ou même érotiques.
Ce n’est que vers la fin du XVIIIe siècle, avec l’influence de la mode anglaise, que les tenues féminines se parent également de boutons.
déboutonner la mode expo paris
Au XIXe siècle, le bouton se fait plus discret. L’art du boutonnage succède à l’art du bouton. C’est un art délicat synonyme d’élégance.
Avec la Révolution industrielle, le bouton se démocratise. Son utilisation se développe jusqu’à apparaître sur de plus en plus de pièces : bottines, gants, lingerie.
boutons sur bottines expo déboutonner la mode
La plus grande usine de boutons de l’époque était alors située à Méru, non loin de chez mes parents. C’est toujours amusant d’apprendre que des villages qui paraissent anodins aujourd’hui ont joué un rôle important par le passé. Aujourd’hui, on y trouve le musée de la Nacre et de la Tabletterie où l’on peut notamment visiter l’atelier de la boutonnerie et découvrir une antique machine à vapeur.

expo Deboutonner la mode Arts Décoratifs (5)
Dans la première moitié du XXe siècle, le bouton est encore très présent. Il est souvent la marque de fabrique d’un créateur. Il s’inspire de l’art nouveau, de l’art déco.
Coffrets de boutons, vers 1900

Coffrets de boutons, vers 1900


Son déclin s’amorcera avec les années 80 et l’utilisation de nouveaux systèmes de fermeture tels que la glissière, le bouton pression et le velcro. 
Aujourd’hui, le bouton fait partie de notre quotidien. La plupart du temps, il a juste une fonction utilitaire. Il est rond, en plastique et ne brille pas par son élégance. Pourtant certains créateurs s’efforcent encore de leur apporter un soupçon d’originalité ou d’élégance. Et c’est vrai que ça fait souvent la différence sur un manteau, une chemise ou un gilet.


C’est sûr, je ne verrai plus un bouton de la même manière désormais.



+ d’infos

expo déboutonner la mode afficheExposition Déboutonner la mode

Les Arts Décoratifs
107, rue de Rivoli
75001 Paris
Tél. : +33 (0)1 44 55 57 50
Métro : Palais-Royal, Pyramides ou Tuileries

Tarif : 11€ (plein) / 8,50€ (réduit)

http://www.lesartsdecoratifs.fr/

Deux livres en complément de l’expo :

3 Commentaires

  • spookey
    23 mars 2015 - 15 h 24 min | Lien

    C’est vrai que ça a l’air très intéressant, rien que pour voir l’évolution des types de boutons, ça doit être chouette ! Les photos donnent envie en tout cas !

  • 25 mars 2015 - 10 h 51 min | Lien

    @spookey : Oui, c’est passionnant de voir toutes les techniques utilisées et les influences selon les époques.

  • julie10
    26 mars 2015 - 11 h 00 min | Lien

    coucou, j’en ai entendu parler a la television, j’adorerai voir cette expo, dommage que c’est trop loin de chez moi

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