Quand le teint blanc était tendance… (2)
Au XVIIIe siècle, comme aux siècles précédents, les critères de beauté sont un teint blanc, les cheveux noirs, les joues et les lèvres rouges. Elle est encore souvent obtenue de façon nocive : céruse, oxalate de zinc, bismuth. Les compositions les moins néfastes contenaient du talc de Venise ou de la craie de Briançon, mais elles s’écaillaient rapidement. Le rouge, quant à lui, était souvent appliqué à outrance sur les joues.
Sous le règne de Louis XVI, on revient à davantage de simplicité, notamment grâce à l’influence de Marie-Antoinette. Ce phénomène sera encore accentué à la Révolution. Les fards violents et les perruques sont abandonnés.
Au XIXe siècle, si la blancheur du teint est encore un idéal, on recherche également la tension de la peau, symbole de jeunesse. Le teint des Danoises étaient le modèle de la perfection. De nombreux masques pour la nuit étaient également proposés. En revanche, les fards sont de moins en moins utilisés. Parmi les fards blancs, seul le talc et la poudre d’amidon sont encore conseillés, les autres étant rejetés car toxiques. Le rouge est délaissé par les élégantes. Si l’on applique des fards, il faut que ce soit le plus discret possible. Il s’agit de se maquiller sans en avoir l’air. On laisse les fards voyants aux acteurs.
Au milieu du siècle, sur le modèle d’Emma Bovary, la femme ne doit plus seulement avoir le teint pâle, une impression de fragilité doit désormais émaner d’elle. En outre, sa taille doit être fine, ses cheveux épais et bruns et ses yeux cernés. Le tuberculose jouit alors d’un grand prestige dans la mesure ou elle donne à ses malades une teinte presque transparente lors des poussées de fièvre. Pour leur ressembler , les femmes ne mangeaient pratiquement rien, certaines buvaient même du vinaigre ou des citrons. Elles buvaient des drogues à base d’atropine ou de belladone pour avoir les yeux plus brillant. Elles dormaient peu pour favoriser l’apparition des cernes[3].
A la fin du XIXe siècle, la poudre jusque là destinée à blanchir le teint est utilisée pour le matifier. C’est le début de la poudre de riz qui à, en outre, plusieurs propriétés cosmétiques. Elles absorbe l’humidité du visage, adoucit la peau, la fait paraître plus fine, plus blanche, camoufle les petites imperfections, les rougeurs, le hâle. Lola Montes dans L’Art de la beauté chez la femme évoque ces élégantes parisiennes qui ont l’habitude de s’appliquer des tranches fines de bœuf cru sur le visage avant de se coucher.
Au début du Xxe siècle, la peau des femmes ne doit plus être lustrée et brillante mais mat. Pour parvenir à ce résultat, il est d’usage d’adopter la poudre d’amidon de riz. Mais dans les années 30, les canons de beauté vont profondément changer. La femme idéale est mince, sportive, les cheveux coupés à la garçonne, avec un maquillage soutenu. Parallèlement, la mode du teint blanc fait place à celui des peaux bronzées.
Les produits autobronzants sont inventés dès 1960. Ils font tous appel à la DHA - la dihydroxyacétone - pour produire la coloration. Cette molécule agit dans la couche cornée de la peau,
Aujourd’hui cette tendance du teint halé est encore d’actualité mais les excès sont terminés. Et je parie même que cette tendance va petit à petit décliner quand on voit des top models tels que Gisele Bundchen, qui est pourtant brésilienne, insistent sur une consommation modérée du soleil.

Gisele Bundchen
Je croise les doigts en tout cas…
Références :
PIERI, Jacques, Quand le hâle était honni, in Nouvelles Esthétiques, décembre 1989, p. 51-58.
ANDRIEU, Bernard, Du teint hâlé honni, au bronzage de rigueur, in Cerveau & Psycho n° 22 - En ligne http://www.staps.uhp-nancy.fr/bernard/docpdf/bronzage_19_06_07.pdf









personnellement je préfère toujours les teints pales aux teints halé Mais c’est jsute une question de culture en fait
Moi j’ai mis beaucoup de temps à préférer! Maintenant, c’est vrai que j’en suis plutôt fière. Je cherche même parfois à l’accentuer.
pareil, je croise les doigts aussi …. moi j’ai le teint clair, et ce n’est pas tendance du tout !!! quoiqu’avec Nicole Kidman, j’ai bon espoir ….
Une autre actrice avec le teint clair que je trouve sublime : Eva Green.
J’avoue adorer le soleil, … mais être devenue une grande experte de la protection! Avec toutes mes crèmes, je ne brûle jamais, … et je me fabrique chaque été un joli hâle bien doré, … et plein d’énergie pour affronter l’hiver!
Si on tient à un teint halé durable, la protection est indispensable, en effet.
Coucou, données interessantes que tu nous livres ds ton post. Petite précision sur l’histoire : le rouge à lèvre sous Louis XV ne s’emploie pas, on attire le regard sur les paumettes réhaussées et on le prolonge sur les coiffures altières. Pour une raison simple, l’abus très en vogue des sucreries et l’absence d’hygiène buccale font qu’il est préférable d’oublier la bouche et son sourire édenté et délabré…. alors qu’aujourd’hui, les sourires sont éclatants…
Je serais curieuse d’avoir tes sources car les miennes attestent sans l’ombre d’un doute de leur utilisation (inventaires après décès, livres de recettes, thèse de Catherine Lanoe…). Cela dit, il est vrai qu’ils sont moins utilisés qu’aujourd’hui.
Une reconstitution sur Louis XV est passée le soir du 25 Décembre dernier sur L’A2, une foule d’informations passionnantes ont été livrées par le metteur en scène à la suite du long métrage, ne l’ai pas enregistré, désolée. Mais j’espère que tu auras l’occasion de le visionner, il regorge d’informations. bien à toi.
Je regarderai mais il faut savoir que ces reconstitutions sont quand même très souvent approximatives.