L’Origine des parfums en images
Vous vous rappelez de Simon Barbe? J’avais évoqué un de ses supposés ouvrages dans un article consacré au Parfumeur royal (1761). Et bien là, je vais parler de l’édition originale, celle de 1699. Rapidement parce que cette fois je vais uniquement présenter le frontispice de l’ouvrage qui a pour titre “L’origine des parfum”. C’est une gravure superbe sur laquelle est indiqué, comme son titre l’indique les différentes origines des parfums et plus précisément d’où l’on tire les matières premières.
Présentation de l’ouvrage
Simon Barbe offrit cet ouvrage au fils de Louis XIV et de Marie-Thérèse, le Grand Dauphin de France. Ce Parfumeur Royal avait donc acquit le “privilège du Roy” le 11 mai 1699. Cela permet à l’auteur qui était Marchand-parfumeur de le faire imprimer, vendre et distribuer. Les Marchands-Gantiers ou Gantiers-Parfumeurs sont réunis en corporation depuis 1190, date à laquelle le roi Philippe-Auguste leur accorde leurs premiers statuts.
Mais Simon Barbe avait déjà publié, quelques années auparavant Le Parfumeur françois. Aussi ce nouvel opus n’est qu’une amélioration du premier. Quoique, amélioration c’est vite dit. Cela fait bien un millénaire que les techniques de parfumerie n’évoluent guère. En outre, cet ouvrage n’a rien de novateur dans la mesure ou l’auteur s’est largement inspiré d’écrits antérieurs comme Les Secrets de maître Alexis le Piémontais ou encore les Quatre livres de secrets de Jean Liébault.
A cette époque les parfums avaient beaucoup d’importance. En effet, les bains étaient condamnés par la médecine, il avaient donc pour but de couvrir les mauvaises odeurs et de combattre la maladie et les épidémies.
Mais à la fin de sa vie Louis XIV ne supportait plus les parfums (excepté l’odeur de la fleur d’oranger). On suppose que c’est pour cette raison que Simon Barbe préfère s’adresser au Grand Dauphin.
Le frontispice
Comme vous pouvez le constater il y a des lettres disposées un peu partout sur cette gravure. Ce sont ces lettres qui renvoient au différentes matières premières largement utilisées en parfumerie. Je vais tenter de les exposer clairement.
A = “Comment l’odeur se forme”
Simon Barbe nous explique que l’odeur se forme grâce à la combinaison de l’humidité et de la sécheresse. “nous voyons que l’air étant chargé de pluye les fleurs ne sentent presque rien, et que le soleil les ayant essuyé de la Rozée elle le parfume, ce peu d’humidité y est nécessaire, c’est ce qui fait retenir l’Odeur autrement elle s’exhale toute”. Vous remarquerez la phrase bien alambiquée.
B et C = “Où croit le Benjoin” “Et le Storax”
La sécheresse permet la formation de senteurs fortes tel que le benjoin ou le storax. “L’Arabie qui est un païs chaud est fertile en senteurs, c’est d’où l’on tire le Benjoin qui y croist dans les montagnes et qui se forme en pierre, et le storax qui croit sur des arbres en espèces de gomme”.
D = D’où vient le labdanum”
“Le labdanum qui est un bon parfum croist en Provence et se recuëille dans la barbe des boucs que l’on peigne et que l’on arrache parmy le poil”. En fait ce que l’on nomme labdanum est la gomme provenant d’un arbrisseau nommé Ciste et qui se retrouve sur tout le pourtout méditerrannéen.
E = “D”où vient l’ambre”
“L’Ambre qui est une espèce d’écume que la mer produit est amer parcequ’il est cuit et endurcit par la chaleur du soleil, l’on peut dire que c’est le plus précieus de tous les parfums, et l’un des plus nobles ouvrages de la nature pour les belles qualités qu’il renferme.”
F = “Ce que c’est que le musc”
Le musc est amer parce qu’il est cuit aussi par la chaleur, car c’est le sang d’un animal qui porte ce nom, qui se nourrit dans les païs chauds, que l’on attrape en vie et que l’on pique par tout le corps, et par ce moyen luy ayant fait former plusieurs vessies on l’expose au soleil où son sang se caille et se seiche.” On comprend mieux pourquoi le musc n’est proposé aujourd’hui que sous forme artificielle.
G = “Comment on cueille la civette”
La civette produit un fluide clair, semblable à du miel, sécrété par des glandes à la base de la queue. Pas très ragoutant, à priori, mais cette senteur jouissait d’un grand succès. “Ce parfum, que l’on recueille dans leurs cuisse, [est] épais comme du miel”. De nos jours, pour protéger l’espèce, ce composé de la même manière que le musc est obtenu par synthèse.
Table des matières de l’ouvrage









Je suis bien contente de savoir que le musc est aujourd’hui synthétique ^^ .
Oui c’est toujours ça en moins que l’on inflige aux animaux…