Histoire des parfums : les contrées lointaines

La semaine dernière, nous avons commencé le Livre des Parfums d’Eugène Rimmel avec l’Antiquité. Aujourd’hui nous allons continuer avec ce que l’on peut regrouper sous l’appellation de « contrée lointaines » ce qui correspond en fait à tout ce qui n’est pas l’occident. Vous verrez, l’auteur n’est pas toujours tendre avec ces peuples. Il faut dire que la pensée colonialiste est largement répandue en 1882.

Ainsi le 7e chapitre du Livre des parfums est consacré à l’Orient qui, selon Eugène Rimmel – et on ne dira pas le contraire – a de tout temps été « la terre classique des parfums ». On cultivait essentiellement l’encens, la myrrhe, la cannelle, du cinnamome, du nard. La rose et le musc sont également des parfums très estimés. Avicenne avait trouvé, dès le Xe siècle, le moyen d’extraire l’arôme de la première grâce à ce qu’on appelle l’alambic arabe (sorte de vase à tête recourbée). Parallèlement, les odeurs pouvaient aussi être exhalées grâce aux brûle-parfums.

En outre, les femmes pouvaient passer des journées entières aux bains (les fameux hammams).
Pour ce qui est du commerce des parfums, Constantinople et notamment son Grand Bazar semble avoir une importance considérable. Une galerie entière leur  était consacrée.

En extrême orient, c’est en Inde que l’on trouve « les épices les plus aromatiques et les fleurs les plus suaves ». Par exemple : la rose, la jacinthe, le jasmin. Comme partout ailleurs, ils servent d’abord aux rites religieux. Mais les femmes s’en servent pour parfumer leurs cheveux.
Ils tirent des essences de la distillation ainsi que des huiles parfumées. Ces dernières servent essentiellement à adoucir les cheveux des femmes.
D’après les récits du capitaine Cook, toutes les femmes de l’archipel indien prennent grand soin de leur toilette et sont folles de fleurs et de parfums.

En Chine la consommation d’encens est très importantes. En effet, la tradition veut que l’on offre trois bâtons d’encens matin et soir aux dieux. Les parfums jouent aussi un rôle dans les funérailles (corps lavé et parfumé). Quant aux parfums utilisés, Eugène Rimmel affirme que les Chinois raffolent du musc, du santal, du patchouli.

Pour ce qui est du Japon, l’auteur nous dit que ses usages du parfum ressemble beaucoup à ceux des Chinois.

Le chapitre 9 a de quoi nous étonner. Il s’intitule La toilette chez les Sauvages et correspond, entre autres, aux Australiens, aux Africains. Ceux-ci utilisent des pommades faites à base d’huile de coco, de palme et d’arachides. L’auteur en vient ensuite aux Australiens sur lesquels il dit des énormités qui heureusement sont intolérables aujourd’hui. Je vous laisse en juger : « L’Australie abonde en substances aromatiques, mais les aborigènes, qui occupent un des derniers échelons de la race humaine n’ont pas les sens assez raffinés pour les apprécier. » N’oublions pas que cette époque est très colonialiste et qu’il fallait bien justifier cet asservissement. Si les habitants de Nouvelle-Zélande ne raffolent pas des parfums, ils sont passés maîtres dans l’art du tatouage.

A Tahiti, en revanche, les parfums sont omniprésents surtout avec le monoï, pommade composée d’huile de coco dans laquelle on fait infuser la sciure de bois de santal ou la racine pilée aromatique nommée toromeo. Les Tahitiennes se l’appliquent essentiellement sur les cheveux.

Voilà pour aujourd’hui. La suite la semaine prochaine.

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2 Commentaires

  1. Et bien, il ne date pas d’hier le monoï alors!

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