Les dépigmentants (2) : les agents actifs

publicité pour produit dépigmentantAprès avoir vu le mécanisme de la dépigmentation, il est temps de s’attacher aux actifs qui la permettent.  Il faut savoir que les agents qui provoquent la dépigmentation peuvent être de plusiseurs sortes : actifs chimiques, des actifs fermentaires ou encore des actifs végétaux.

Agents d’origine synthétique

- 4-Isopropylcatéchol (4-IPC) : surtout recommandé dans le traitement du mélasma, il détruit les mélanocytes. Effets secondaires : érythèmes, brûlures, desquamation, eczéma, dépigmentation di en “confetti” aux points d’application;

- composés souffrés (Cystéaminylphénol ou 4-S-CAP, 4-S-Cystéinyl phénol ou 4-S-CP, N-Acétyl-4-S-CAP…) : agissent comme substrat de la tyrosinase et entrainent une diminution des mélanosomes. Effets secondaire : irritation de la peau.

- L’acide rétinoïque est également un agent dépigmentant soufré qui inhibe la synthèse des mélanocytes. Il est efficace pour traiter le mélasma, les abrasions cutanées, les lésions postinflammatoires secondaires de l’acné… Effets secondaires : irritation avec érythème, desquamation modérée. Actif interdit en cosmétique.

- L’actif azelaïque, bien que l’on connaisse mal son mécanisme d’action, serait un inhibiteur de la tyrosinase. Il a un effet dépigmentant sur les mélasma, chloasma, les hyperpigmentations post-inflammatoires. En revanche, il n’a pas d’éffet dépigmentant sur une peau normale, les lentigines solaires, le lentigo simplex.

- L’acide ascorbique (vitamine C) inhibe la mélagénèse et décolore la mélanine noire. Le dérivé le plus utilisé et le plus efficace est le magnésium ascorbyle phosphate. Il entraine la dépigmentation des peaux saines et des hypermélanoses (mélasma, chloasma, lentigos séniles, lentigos solaires, éphélides)

- dérivés phénoliques (hydroquinone et ses dérivés) sont interdits en cométiques. Ils ne sont utilisés que sur prescription médicale. L’hydroquinone est l’un des dépigmentants les plus connus. Elle est utilisée dans le traitement de l’hyperpigmentation mélanique, le mélasma, le chloasma, les éphélides, les tâche de sénescence, pour éclaircir le teint. Elle entraine la diminution de la formation des mélanosomes en modifiant leur structure. Effets secondaires : dégénérescence des fibres de collagène et d’élastine, dépôt de pigment dans le derme, effets génotoxiques et cancérigènes.

Autres agents dépigmentant synthétiques ; 4-n-butylrésorcinol (Rucinol), Triosopimélate d’éthyle, Diacétyl-boldine (Lumiskin), Undécylénoyl phénylanine (Sepiwhite MSH), Acide 1-aminoéthylphosphinique (Albatin), dérivés mercuriels, corticostéroîdes…


Agents d’origine fermentaire

- Acide kojique et dérivés : ils inhibent l’activité de la tyrosinase. Des études toxicologiques sont toujours en cours.

Agents d’origine végétale

- L’arbutine : contenue dans les feuilles et les écorces de nombreuses plantes, elle bloque la synthèse de la mélanine par inhibition des léctivité de la tyrosinase.Parmi ces plantes : la busserole, l’arbousier, l’airelle rouge, la callune vulgaire, le poirier, le saxifrage de Sibérie… L’arbutine possède les même propriétés dépigmentantes que l’hydroquinone mais est mieux tolérée que celle-ci.

- Plantes à flavonoïdes : elles inhibent la tyrosinase et le bloquent le transfert des pigments mélaniques des mélanocytes vers les kératinocytes. Leur efficacité est modérée. Parmi ces plantes : l’artichaut, le persil, le câpre, le matricaire, les feuilles de sarrasin, le cèdre blanc, la prêle…

- Acides organiques : ils inibent l’activité de la tyrosinase et diminuent le taux de mélanine synthétisé. Parmi ces acides : les acides hydroxycinnamiques (ex : feuilles de Ginseng), les alpha-hydrxy-acides (AHA), l’acide lactique, l’acide phytique.

- autres plantes à l’activité dépigmentante : la réglisse, le mûrier blanc, le théier, la paquerette…

Photo :

Mémoire online, L’impact du message de peur sur les comportements des femmes de 15 à  55 ans de la ville de Yaoundé face à  la dépigmentation volontaire de la peau.
Un mémoire très intéressant sur les dérives de cette pratique.

Source:

Fatou Batchaly-Plat, “Dépigmentants”, in M.-C. Martini, M. Seiller (dir.), Actifs et additifs en cosmétologie, Lavoisier, 2006

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2 Comments

  1. Vivement le part III, je le trouve très intéressant ce dossier “les dépigmentants” ! :)

  2. Merci. Promis, j’essaie de programmer la suite pour la semaine prochaine.

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