Le Parfumeur royal (1761) : des idées à prendre
J’ai décidé que désormais j’accorderai plus de place à l’histoire de la beauté sur mon site. Donc régulièrement je vous proposerai des manuels de cosmétiques datant des siècles précédents. Je peux vous assurer qu’ils valent tous le coup d’œil. J’en profiterai également pour évoquer certaines tendances de l’époque en matière de parfums et de soins.
Je vais commencer par Le Parfumeur Royal ou traité des parfums, des plus beaux secrets qui entrent dans leur composition, & de la distillation des eaux de senteur & autres liqueurs précieuses (Paris: Saugrain 1761).
Cet ouvrage dont l’auteur n’est pas indiqué mais sur lequel on peut lire “Nouvelle édition, revue, corrigée, et considérablement augmentée” est certainement un prolongement du travail de Simon Barbe, un parfumeur qui vivait rue des Graviliers à Paris à la fin du 17ème siècle. En 1693, il fait paraître un classique de la parfumerie : Le parfumeur francois. En 1699, il en écrit un nouveau : Le parfumeur Royal (le même nom que notre ouvrage). Ce qui peut nous faire penser que Simon Barbe est également l’auteur du livre présenté ici.

Il faut savoir qu’à la fin du XVIIe siècle et jusque dans les années 1740, les pommades d’Italie jouissent d’un grand succès chez les élites. Elles donnent lieu à de nombreuses compositions chez les parfumeurs tels que ces gants proposés dans le Parfumeur royal. Mais après les années 70, ces pommades connaissent un fort déclin. En 1774, Jean-Daniel Vigier, parfumeur ordinaire du roi ne parviendra pas à écouler son stock de pommades de Rome. Il faut dire que les pommades de Provence leur font un forte concurrence. Et oui,il y a aussi des produits tendances au XVIIIe siècle. Sauf que les tendances durent un peu plus de quelques mois.

A noter : le fumier était très utilisé pour préparer les cosmétiques. On le préférait souvent à la cuisson au feu accusée de détériorer les matières premières.


Vous remarquerez que ces “grands classiques” de l’époque pourraient tout à fait être utilisés en cosmétique bio.
Mais outre ces recettes l’auteur consacre également une partie de son ouvrage aux poudres à poudrer les cheveux. Parmi celle-ci, les poudres à la « franchipanne » ont un grand succès, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle où les elles disparaissent peu à peu de l’étal des parfumeurs.
Même s’il a eu un certain succès, le Parfumeur impérial, n’est pas à la pointe des tendances. En effet, les recettes ayant pour base les graisses animales sont nombreuses (même si je n’en ai pas présentées ici). Or, aux XVIIIe siècle, elles sont sur le déclin. On préfère désormais les graisses végétales, telles que l’huile d’amandes douces, malgré leur tendance à rancir.
Il est intéressant de savoir que la publication de cet ouvrage a été autorisé à la publication uniquement après modification de certaines recettes. Guettard, le médecin du roi, avait, en effet, recommandé, après lecture du manuscrit Parfumeur royal, en 1761, de retirer « les compositions dans lesquelles il entre de la litharge, du blanc de plomb, du sublimé corrosif, de l’alun, du nitre ». Qui a dit qu’il n’y avait aucun contrôle sur les produits cosmétiques?
On peut même lire dans la Correspondance, Litteraire, Philosophique Et Critique Par Grimm, Diderot, Raynal, Meister de Maurice Tourneux :
« C’est un livre classique pour une nation qui a poussé la science de la propreté du corps a un si haut degré de raffinement et de perfection. »
Observatoire Nivéa, La peau au cœur de notre société, juin 2006
Tourneux, Maurice, Correspondance, Littéraire, Philosophique Et Critique Par Grimm, Diderot, Raynal, Meister… Consulter sur Google Books
Lanoë, Catherine, La poudre et le fard, Champ Vallon, 2008 –>Une mine d’or d’informations que je vous recommande vivement…










C’est avec un grand plaisir que je découvre ton blog!
J’aime beaucoup les articles qui traitent de l’histoire de la beauté; j’aime la manière dont tu traite le sujet!
a bientôt ;-)!
Merci, ça me fait très plaisir. C’est vrai que l’histoire de la beauté a quelque chose de passionnant. Je trouve ça fascinant qu’après des décennies de constantes évolutions on en revienne au home made avec des techniques qu’on utilisait déjà aux siècles précédents. A la différence près, bien sûr, qu’aujourd’hui on fait bien plus attention à la nocuité des substances.